Gaz russe : un retour espéré pour sauver la compétitivité allemande

Des industriels d’Allemagne envisagent le retour du gaz russe, motivés par l’éventualité d’une paix en Ukraine, afin de contenir leurs coûts et relancer la compétitivité du pays sur la scène internationale, selon Bloomberg.
Certaines industries allemandes, situées dans l’est du pays, se préparent déjà à un éventuel retour du gaz russe en Europe, encouragées par l’attitude de la nouvelle administration américaine sur le conflit en Ukraine et son désir de négocier avec la Russie pour y mettre fin, selon Bloomberg.
Toujours d’après l’agence de presse américaine, depuis trois ans, l’Europe tente péniblement de se passer du gaz russe, et l’impact s’est particulièrement fait sentir en Allemagne, première puissance économique de la région. L’industrie allemande s’était appuyée pendant des décennies sur un approvisionnement bon marché en gaz russe. Aujourd’hui, la hausse des prix de l’énergie freine sa croissance et pousse même certains fabricants à délocaliser leur production à l’étranger.
Pour Christian Günther, qui dirige l’un des plus grands sites industriels chimiques d’Allemagne, la seule façon de relancer des secteurs comme le sien est de renouer avec du gaz russe à prix compétitif. Les routes envisageables passent notamment par la restauration du transit via l’Ukraine ou l’utilisation de la partie indemne du gazoduc Nord Stream, posé sous la mer Baltique et reliant directement la Russie à l’Allemagne.
Selon Bloomberg, l’enjeu est de taille pour l’économie allemande, dont le déclin actuel menace de devenir irréversible. Manuela Grieger, ancienne présidente du syndicat des travailleurs d’InfraLeuna (l’entreprise gérant l’infrastructure du parc chimique), soutient aussi l’idée de faire appel au gaz russe. Elle a exprimé ses craintes quant à l’avenir de l’industrie si les prix de l’énergie restaient élevés : «Nous avons besoin de paix. Nous avons vraiment besoin de paix pour que les gazoducs puissent rouvrir, pour que la sécurité de l’approvisionnement s’améliore et que nous ayons des tarifs raisonnables».
Pour rappel, l’Allemagne a commencé à renoncer aux livraisons d’énergie russe en février 2022. Le pays ne reçoit également plus de gaz via les gazoducs Nord Stream, endommagés la même année lors d’une attaque en mer Baltique, dont l’un n’avait par ailleurs jamais été certifié par les autorités allemandes. Dans ce contexte, le gouvernement mise désormais sur la construction de terminaux dédiés au gaz naturel liquéfié afin de diversifier ses sources d’approvisionnement.