Trois nouveaux taïkonautes ont rejoint la station spatiale chinoise pour une mission de six mois

Une fusée Long March-2F Y12 transportant l'équipage de la mission Shenzhou-12 décolle au Centre de lancement de satellites de Jiuquan, le 17 juin 2021 (image d'illustration).© Ng Han Guan Source: AP
Une fusée Long March-2F Y12 transportant l'équipage de la mission Shenzhou-12 décolle au Centre de lancement de satellites de Jiuquan, le 17 juin 2021 (image d'illustration).
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La Chine a envoyé une nouvelle équipe de trois taïkonautes, dont une femme, vers sa station spatiale en cours de construction. Le dernier équipage chinois à avoir occupé la station était rentré mi-avril sur Terre.

Emportant à son bord trois taïkonautes, le vaisseau chinois de la mission Shenzhou-14 a été propulsé avec succès depuis le centre de lancement de Jiuquan, dans le désert de Gobi (nord-ouest de la Chine), le 5 juin un peu avant 11h, heure locale.

Ce nouvel équipage prend le relais de celui qui l'a précédé dans la station, rentré sur Terre à la mi-avril. Baptisée Tiangong 3, et plus connue sous l'acronyme CSS pour «Chinese space station», la station spatiale chinoise est désormais amenée à être humainement occupée en permanence.

L'amarrage du vaisseau a eu lieu, comme convenu, six heures après son décollage.

«Succès de l'amarrage [...]. Nous attendons avec impatience le moment où les trois astronautes entreront dans le module central», a fait savoir sur les réseaux sociaux la CMSA, qui gère programmes spatiaux chinois habités.

L'équipage de la mission Shenzhou-14 est chargé d'agrandir de façon significative la station avec la réception et l'installation de deux modules-laboratoires, Wentian et Mengtian, qui doivent venir s'amarrer en juillet et octobre. 

Une fois ces deux derniers modules installés, Tiangong 3 aura sa forme finale de T et sera considérablement agrandie. Elle sera alors semblable en taille à l'ancienne station russo-soviétique Mir et sa durée de vie devrait être d'au moins 10 ans.

Par la suite, la CSS est également amenée à accueillir un module optique Xuntian, «un télescope spatial de classe Hubble qui sera capable de s'amarrer à la station pour l'entretien et les réparations», ainsi que le rapporte la presse spécialisée

Des coopérations en perspective

Opérationnelle, la station chinoise accueillera de multiples opérations menées par différents pays comme la Russie, l'Inde, le Japon, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Suisse, la Pologne, la Belgique, la Norvège, le Pérou ou encore le Kenya. Comme sur l'ISS, les projets toucheront à différents domaines, allant des expériences en microgravité, indispensables pour anticiper les conditions de futurs vols habités interplanétaires, à l'étude des sciences de la Terre, sans oublier l'observation astronomique ou encore le développement de technologies spatiales.

L'idée même d'une station indépendante de la Chine n'est pas liée à l'exclusion de Pékin des programmes de l'ISS mais remonte aux prémices de la création de l'agence spatiale chinoise, la CNSA, qui a vu le jour le 11 avril 1993.

La Chine avait invité dès 2016, via le Bureau des affaires spatiales de l'ONU, les pays membres des Nations unies à utiliser sa future station en respectant les principes suivants : «Utilisation pacifique de l'espace ; égalité dans le partage des résultats obtenus ; développement conjoint.» L'agence spatiale chinoise avait déjà reçu, fin 2018, une quarantaine de propositions émanant de 27 pays.

De façon globale, cette aventure spatiale n'est pas sans rappeler la stratégie de Pékin en matière de partenariats et d'alliances. «La Chine exerce clairement sa puissance dans une perspective d'expansion mais en respectant le principe gagnant-gagnant. Il n'est pas question de philanthropie, ce sont les intérêts communs qui prévalent», analysait en mars 2021 pour RT France Bruno Guigue, chercheur en philosophie politique.

«Si les Chinois laissent le monopole de la conquête spatiale aux Américains, ils ne pourront pas atteindre leur objectif de devenir la première puissance économique et militaire mondiale d'ici 2049 [soit l'année qui doit marquer le premier centenaire de la République populaire de Chine], qu'ils visent non pas pour conquérir la planète, mais pour devenir le pivot d'un monde multipolaire incluant des alliances en tout genre avec d'autres puissances», avait-il résumé.

Pour l'heure, entre les traditionnelles ambitions américaines de suprématie dans le domaine et une ascension spatiale chinoise plus récente, le Vieux continent reste nettement plus tourné vers l'Ouest – notamment sur le volet commercial, via d'importants partenariats entre acteurs clés du secteur –, sans pour autant donc, avoir définitivement repoussé la main tendue de Pékin dans le cadre de ses futurs projets. 

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