Retraites : ouverture du conclave sous haute tension

Retraites : ouverture du conclave sous haute tension
Une mobilisation contre la réforme des retraite au Mans dans la Sarthe en 2023.
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Le 27 février 2025 marque le début du «conclave» sur les retraites, convoqué par François Bayrou pour revoir la réforme de 2023. La France Insoumise est sceptique et les syndicats et le patronat s’opposent déjà sur l’âge légal, la pénibilité et le financement.

«Il n’en sortira rien» car «les différents partenaires n’y vont pas avec les mêmes objectifs»: sur le plateau de RMC le président de la commission des finances Éric Coquerel, député de la France insoumise (LFI) s’est montré très sceptique sur l’issue du dialogue qui s’engage à Paris le 27 février dans un «conclave» réunissant syndicats et patronat pour rediscuter la réforme des retraites de 2023, qui a notamment repoussé l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans.

Initiée par le Premier ministre François Bayrou, cette concertation, qui se poursuivra jusqu’à fin mai, s’appuie sur le rapport alarmant de la Cour des comptes du 20 février. Ce dernier prévoit un déficit de 15 milliards d’euros en 2035 et 30 milliards en 2045, ravivant les tensions autour d’un sujet explosif. Alors que les partenaires sociaux entament leurs travaux, les réactions, notamment celles des Insoumis, traduisent un climat de défiance.

La députée LFI Claire Lejeune évoque ainsi «un jeu de dupes», affirmant que «ceux qui donnent du crédit à cette tromperie nous font perdre du temps». Elle visait indirectement le Parti socialiste, à l’origine de la réouverture de négociations sur la réforme.

La secrétaire général de la CGT Sophie Binet dénonçait le 22 février sur les ondes de France Inter: «Le gouvernement refuse de chercher l'argent là où il est». Sa centrale exige une abrogation pure et simple de la réforme, financée par des cotisations sur l’intéressement et une hausse de 0,5 point des cotisations patronales. La CFDT, plus nuancée, veut ramener l’âge de la retraite à 62 ans tout en insistant sur la prise en compte de la pénibilité, réclamant ainsi le retour de critères supprimés en 2018 (charges lourdes, vibrations mécaniques).

Marylise Léon, sa secrétaire générale, s’est montrée confiante le 27 février devant la presse et a affirmé: «Il faut du sang froid quand il s’agit des retraites […] on le fera en responsabilité».

L’Unsa et la CFTC, quant à elles, cherchent à grignoter du terrain sur l’âge légal tout en proposant des hausses modestes des cotisations.

Le patronat entend aussi peser dans le débat

Le patronat, lui, campe sur une logique d’équilibre financier. Le Mouvement des entreprises de France, le Medef, par la voix de son président Patrick Martin, défend au moins le maintien des 64 ans, voire un recul supplémentaire, et propose de supprimer l’abattement fiscal des retraités pour dégager 4,5 milliards d’euros annuels.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), accepte, elle de négocier l’âge légal à condition de l’indexer sur l’espérance de vie et milite pour une dose de capitalisation, financée par une heure de travail hebdomadaire supplémentaire.

Sur le plateau de TF1, le président de la CPME Amir Reza-Tofighi a ainsi déclaré : «Il faut sortir du totem des 64 ans. On a fait de ce sujet de l'âge un sujet politique, il faut en faire un sujet technique». Selon lui, «c'est une évidence que les actifs vont devoir travailler plus sur la durée»

Ces positions divergentes entre les partenaires sociaux laissent présager un conclave sous tension. Le rapport de la Cour des comptes, base des discussions, fixe un cadre financier strict qui limite les marges de manœuvre. Si le Premier ministre François Bayrou promet un texte au Parlement en cas de «progrès», même partiel, l’absence de consensus pourrait réduire cette initiative à un simple constat d’échec, comme le craint LFI, mais aussi relancer le mouvement social sur ce sujet qui avait provoqué de nombreuses grèves dans le pays.

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